structures de pions

Aux échecs, la structure de pions (parfois connue sous le nom de squelette de pions) est la configuration des pions sur l’échiquier. Les pions étant les pièces les moins mobiles, la structure de pions est relativement statique, et détermine fortement la nature stratégique de la position.

Philidor fut le premier à reconnaître l’importance de la structure de pions. Avant lui, les pions étaient considérés comme une gêne dans le développement des pièces, que l’on pouvait sacrifier pour gagner ne serait-ce qu’un tempo.

Un pion isolé est un pion qui n’a plus de pion de son camp sur les colonnes adjacentes. Un pion isolé peut être redoutable en milieu de partie1. C’est souvent une faiblesse en finale, car il est difficile à défendre.

Ce pion isolé crée certains avantages : il peut se transformer en pion passé2, il permet, s’il est central, de contrôler des cases importantes2, il peut servir à attaquer la chaîne de pions adverse2, son isolement permet souvent aux tours d’occuper les deux colonnes ouvertes ou semi-ouvertes qui lui sont adjacentes2 (colonnes e et g dans le diagramme). Une fois que ce pion est suffisamment avancé (à partir de la cinquième traverse pour les Blancs), il permet de rendre les pièces de son camp plus actives2 ouvrant souvent une diagonale à un fou ou de servant d’avant-poste à un cavalier3.

La case située juste devant un pion isolé est en général une bonne case pour l’adversaire qui peut y placer une de ses pièces où elle sera protégée des attaques des tours adverses, permettant ainsi de bloquer le pion3. La technique de lutte contre un pion isolé, selon Jeremy Silman2, est de commencer par l’échange des pièces légères, afin qu’elles ne puissent plus soutenir le pion, puis de l’attaquer avec une tour située sur la même colonne face à lui, tour soutenue par derrière par une dame, rendant « insoutenable » la pression sur ce pion.

Des pions doublés désignent deux pions de la même couleur sur une même colonne. Cette disposition résulte obligatoirement d’une prise par un des pions. Les pions triplés et quadruplés (ou plus) sont théoriquement possibles, mais rarissimes en pratique.

Faiblesse des pions doublés

En règle générale, les pions doublés sont une faiblesse. En effet, ils sont moins mobiles, et ne peuvent se défendre l’un l’autre. En cas d’attaque, c’est en général le pion doublé le plus avancé qui se révèle le plus vulnérable. En finale, une majorité de pions comportant des pions doublés sera plus difficile à valoriser qu’une majorité de pion intacte. Ainsi, dans le deuxième diagramme, les Blancs peuvent aisément se créer un pion passé au centre en avançant les pions e et f. Pour les Noirs, en revanche, la majorité de pions à l’aile dame est aisément bloquée.

Dans certaines ouvertures, l’un des camps inflige rapidement à l’adversaire des pions doublés (généralement en échange de la paire de fous). Par exemple dans la défense nimzo-indienne ou la variante Winaver de la défense française, les Noirs, par l’échange Fb4xç3 infligent des pions doublés aux Blancs. Dans la Variante d’échange de la partie espagnole, ce sont les Blancs qui cèdent la paire de fous pour obtenir la structure de pions du diagramme.

 Compensations offertes par des pions doublés

Les désavantages statiques d’un doublement des pions sont souvent compensés par des contreparties dynamiques. Dans les exemples tirés des ouvertures citées ci-dessus, le camp qui s’est vu infliger des pions doublés obtient en compensation la paire de fous et une plus grande mobilité due à l’ouverture de lignes supplémentaires.

Le doublement des pions entraîne en effet l’ouverture de colonnes.

En outre, des pions doublés centraux peuvent permettre un meilleur contrôle du centre.

Un pion passé est un pion qui n’est plus gêné dans son avance vers la 8e rangée par un pion adverse, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de pion adverse devant lui, ni sur la même colonne, ni sur une colonne adjacente. Les pions passés sont un avantage car seules les pièces adverses peuvent empêcher sa promotion.

 

Un pion passé qui est protégé par un pion de la même couleur est appelé pion passé protégé. Dans le premier diagramme de l’article, les pions sur les colonnes b et e sont des pions passés protégés. Deux pions passés ou plus qui sont sur des colonnes adjacentes sont appelés pions passés liés, et ils représentent un fort avantage. Dans le diagramme du haut, les pions blancs b et c sont des pions passés liés. Les pions blancs b et e sont des pions passés protégés. Il est souvent avantageux pour le camp qui dispose de pions passés liés de les placer sur la même rangée et de les faire avancer en tandem, ce qui rend leur blocus plus difficile.

Il arrive que des pièces mineures soient sacrifiées pour créer des pions passés. Dans l’exemple du diagramme, les Blancs misent sur le pion passé en e6 et jouent 30. Fa3 Dxa3 31. Ch5+ gxh5 32. Dg5+ Rf8 33. Dxf6+, ce qui assure la promotion du pion e. La valeur du pion passé compense le sacrifice du fou et du cavalier car il dévie la dame et au cavalier noirs. Les seules pièces qui empêchent la promotion du pion e sont la dame et le cavalier, et une fois déviés, le pion e ne peut plus être arrêté. S’il y avait eu un pion noir sur la 7e rangée pour bloquer cette avance, il aurait empêché cette combinaison1.

Un pion passé éloigné est un pion passé qui se situe sur le bord de l’échiquier ou à proximité, et est séparé des autres pions par plusieurs colonnes. Un tel pion constitue généralement un fort avantage car le roi adverse s’avère parfois incapable de couvrir les deux flancs de l’échiquier.

Un pion arriéré est un pion qui est moins avancé que ceux des colonnes adjacentes et ne peut plus bénéficier de leur protection1.

Le plus souvent, on considère un pion arriéré comme une faiblesse car d’une part, ce pion ne peut plus être défendu par un autre pion et est donc une cible pour l’adversaire et d’autre part, la case située devant lui ne pouvant être contrôlée par un pion, elle est un avant-poste idéal pour une pièce adverse.

Aaron Nimzowitsch, dans son livre Mon système a illustré cette faiblesse et expliqué les méthodes à utiliser pour l’exploiter.

Les échecs modernes tendent à relativiser l’importance de la faiblesse. Nombre d’ouvertures récentes concèdent cette faiblesse statique pour augmenter le dynamisme des pièces. L’archétype de ces ouvertures étant la variante Svechnikov.

 

Une chaîne de pions est un ensemble de pions adjacents qui se protègent mutuellement.

C’est une structure solide qui détermine pour une grand part les caractéristiques de la position.

Pour la casser, on peut attaquer la chaîne à sa base (le pion qui n’est protégé par aucun autre) ou à son sommet. Lorsqu’un camp possède une chaîne de pions, il doit l’utiliser pour attaquer. Si une chaîne de pions a son sommet sur la droite de l’échiquier, il faut attaquer à droite. Si le sommet est à gauche, il faut attaquer à gauche.

L’ouverture qui en rencontre le plus est la variante d’avance de la Française (avec un éventuel …f7-f6 rapide pour détruire la chaîne e5 d4 c3 b2).

Bibliographie

Considérations générales

Les faiblesses dans la structure de pion, comme un pion isolé, des pions doublés ou un pion arriéré et des trous, sont habituellement permanentes une fois créées. On doit donc prendre soin de les éviter (mais il existe des exceptions, comme le trou de Bolesvalsky, voir plus bas). En l’absence de ces faiblesses structurelles, il n’est pas possible de classer les structures comme bonnes ou mauvaises, beaucoup dépendra de la position des pièces. Cependant, une formation de pions détermine de façon importante la stratégie générale, indépendamment de l’ouverture qui l’a fait naître. Les formations de pions symétriques autour d’une ligne verticale (comme la chaîne e5 ou la chaîne d5) peuvent être trompeusement similaires, mais avoir des caractéristiques complètement différentes en raison de la propension au petit roque.

Des transpositions entre structures de pions arrivent fréquemment, telles l’isolani en pions pendants et réciproquement. De telles transpositions doivent être considérées avec attention et marquent un infléchissement dans la stratégie du jeu.

Principales structures de pions

Dans son livre Pawn structure chessAndrew Soltis classe les principales formations en seize catégories détaillées plus bas. Pour que la structure tombe dans l’une ou l’autre catégorie, il n’est pas indispensable que les pions soient exactement sur les mêmes cases, seulement que la nature du jeu et les thèmes essentiels soient les mêmes. Ce sont les pions du centre qui ont le plus d’influence sur la nature du jeu.

Les structures avec des attaques mutuelles de pion sont dites « tendues ». Elles sont d’ordinaire instables et ont tendance à transposer dans une structure stable avec une poussée de pion ou un échange. Le jeu est souvent centré autour de la transition dans des circonstances favorables. Par exemple, dans le gambit dame refusé, les Noirs attendent que les Blancs développent leur fou f1 pour effectuer la capture d5xc4, transposant dans une formation slave (voir plus bas)

Formation Caro

  • Ouvertures:
  • Type : jeu lent
  • Thèmes pour les Blancs : poste avancé en e5, avantage d’espace sur l’aile roi, poussée d4-d5, possibilité d’une majorité sur l’aile dame en finale (typiquement après l’échange du pion blanc d contre le pion noir c)
  • Thèmes pour les Noirs : faiblesse du pion d4, poussées c6-c5 et e6-e5. La première est habituellement préférable et plus facile à réaliser pour les Noirs.
 Formation slave
  • Ouvertures :
  • Type : jeu lent
  • Thèmes pour les Blancs : pression sur la colonne c, faiblesse du pion Noir c (après b7-b5 ou bien d4-d5xc6 en réponse à e6-e5), la poussée d4-d5.
  • Thèmes pour les Noirs : poussées e6-e5 et c6-c5

Formation de Scheveningue (à centre retenu)

  • Ouvertures :
  • Type : complexe, dynamique, milieu de jeu aigu
  • Thèmes pour les Blancs : pression sur la colonne d, avantage d’espace, poussée e4-e5 (souvent préparée par f2-f4), poussée f2-f4-f5, attaque sur l’aile roi g2-g4-g5 (voir attaque Kérès)
  • Thèmes pour les Noirs : pression sur la colonne c, attaque de minorité (et contre-jeu en général) sur l’aile dame, pression sur les pions blancs en e4 ou e5, poussées d6-d5, e6-e5 avec transposition dans un trou de Boleslavski

Il n’est pas prudent pour les Blancs d’échanger une pièce en c6 en permettant la recapture bxc6, parce que la phalange de pions centraux noirs devient très forte.

 Formation du dragon
  • Ouvertures :
  • Type : soit un jeu extrêmement aigu avec des roques opposés, ou bien un jeu aigu avec des roques du même côté. La variante du dragon exige une très bonne connaissance des variantes pour un jeu correct. C’est particulièrement vrai dans l’ attaque yougoslave dans laquelle les Blancs jouent Fe3, f3, Dd2 et O-O-O. Il existe d’autres variantes, telles le dragon classique où les Blancs jouent Fe2 et O-O, l’attaque Tal qui consiste à jouer Fc4 et O-O, et la défense en fianchetto où les Blancs jouent g3 et O-O; ces variantes moins courantes mènent à des positions moins tactiques.
  • Thèmes pour les Blancs : poste avancé en d5, attaque sur l’aile roi (soit avec f2-f4-f5 avec petit roque noir, ou h2-h4-h5) avec grand roque, faiblesse des pions de l’aile dame noire en finale.
  • Thèmes pour les Noirs : pression sur la grande diagonale, contre-jeu sur l’aile dame, exploitation des pions trop avancés sur l’aile roi en finale.

Étau de Maróczy

  • Ouvertures principale : défense siciliennesystème Maroczy
  • Type : jeu semi-ouvert
  • Thèmes pour les Blancs : Cd4-c2-e3, fianchetto d’un ou des deux fous, le saut de Marco (Cc3-d5, suivi par e4xd5 avec une très forte pression sur la colonne e), attaque de l’aile roi, poussées c4-c5 et e4-e5,
  • Thèmes pour les Noirs : poussées b7-b5, f7-f5 (en particulier avec un fou roi en fianchetto), d6-d5 (préparé par e7-e6)

L’étau de Maróczy, a une redoutable réputation. On pensait autrefois que permettre l’étau donnait toujours aux Blancs un avantage significatif. En effet, si les Noirs ne réalisent pas rapidement une poussée libératoire, les pièces vont suffoquer. Cependant, la formation prend du temps à mettre en place et limite l’activité du fou roi blanc, ce qui peut donner du temps aux Noirs pour la poussée.

 Trou de Boleslavski
  • Ouverture :
  • Type : jeu ouvert et dynamique
  • Thèmes pour les Blancs : prendre le contrôle du trou d5, exploiter le pion arriéré d6, poussée f2-f4
  • Thèmes pour les Noirs : poussée d6-d5, attaque de minorité à l’aile dame, case c4,

L’idée que les Noirs créent délibérément un trou en d5 et doivent ensuite se battre pour l’égalité est paradoxale. Le jeu est axé sur la case d5 : les Noirs doivent jouer très précisément ou les Blancs vont placer un cavalier à demeure en d5 et obtenir un avantage de position important. Les Noirs égalisent presque toujours s’il peuvent réaliser la poussée d6-d5, et peuvent même obtenir un jeu légèrement meilleur. Les Noirs ont deux options pour le fou dame : e6 ou b7 (après a7-a6 et b7-b5). Contrairement à l’habitude dans les positions ouvertes, les fous ont tendance à être inférieurs aux cavaliers en raison de l’extrême importance de la case d5 : les Blancs échangent fréquemment Fg5xf6 et les Noirs préfèrent abandonner leur fou dame plutôt qu’un cavalier pour échanger le cavalier blanc qui parviendrait en d5.

Quand les blancs choisissent le grand roque, les Noirs retardent le roque car le roi est en sécurité au centre.

 Chaîne d5
  • Ouvertures :
  • Type : jeu fermé avec activité sur les flancs opposés
  • Thèmes pour les Blancs : avantage d’espace important sur l’aile dame, poussée c2-c4-c5 (éventuellement préparée avec b2-b4), prophylaxie avec g2-g4 (après f2-f3), poussée f2-f4
  • Thèmes pour les Noirs : attaque sur l’aile roi, poussées f7-f5, g7-g5-g4 (après f2-f3), c7-c6, prophylaxie avec c7-c6 ou c7-c5, transposant dans une formation Benoni complète

La chaîne survient dans un nombre d’ouvertures variées, mais le plus couramment dans les variantes de la défense est-indienne qui ont fait l’objet d’analyses poussées. Le thème est une course pour une percée sur les flancs opposés, les Noirs doivent tenter une attaque rapide sur l’aile roi avant que les pièces blanches ne pénètrent de façon dévastatrice par la colonne c. On pensait que cette formation était favorable aux Blancs jusqu’à une partie d’école entre Taimanov et Najdorf au Tournoi des candidats de Zurich 1953, dans laquelle les Noirs introduisent la manœuvre Tf8-f7, Fg7-f8, Tf7-g7. Quand la formation est issue d’une partie espagnole, le jeu est beaucoup plus lent, le temps est de moindre importance et est employé à des manœuvres de pièces de part et d’autre, les Noirs se préoccupant de la poussée c7-c6 et les Blancs tentant habituellement un jeu sur l’aile roi avec la poussée f2-f4.

 Chaîne e5
  • Ouverture : défense française
  • Type : fermé ou semi-ouvert mais aigu
  • Thèmes pour les Blancs : attaque de mat sur l’aile roi, poussée f2-f4-f5
  • Thèmes pour les Noirs : échanger le fou dame cloîtré, poussées c7-c5 et f7-f6

En raison de l’avantage d’espace et de développement des Blancs sur l’aile roi, les Noirs doivent créer du contre-jeu pour éviter de se faire mater. Les débutant se font souvent surprendre par un sacrifice de fou en h7. L’attaque de la tête de la chaîne de pions avec f7-f6 arrive aussi fréquemment que l’attaque par la base, parce qu’il est plus difficile aux Blancs de défendre la tête de la chaîne qu’avec la chaîne d5. En réponse à exf6, les Noirs acceptent le pion arriéré e6 en échange de la libération de leur position (l’ouverture de la diagonale b8-h2 et la colonne semi-ouverte) et la possibilité d’une poussée e6-e5 future. Si les Blancs échangent d4xc5, la formation est dite en coin. Les Blancs obtiennent un avant-poste en d4 et la possibilité d’exploiter les cases noires tandis que les Noirs ont un pion avancé en e5 comme cible.

Formation Rauzer de la défense est-indienne

Le reste du texte se base sur la formation avec l’inversion des couleurs

  • Type : jeu semi-ouvert
  • Thèmes pour les Blancs : faiblesse d6, poussée c4-c5, diagonale a3-f8, avancée des pions de l’aile dame
  • Thèmes pour les Noirs : faiblesse en d4, diagonale a1-h8, case f4, attaque sur l’aile roi, échange des pièces pour le passage dans une finale supérieure.

La formation a été introduite par Vsevolod Rauzer dans la partie espagnole. Elle peut aussi survenir avec les couleurs inversées dans la même ouverture, bien que cela soit rare.

On considère qu’elle donne aux Noirs d’excellentes chances, car le trou d6 est bien moins grave que d4 chez les Blancs. Si le fou roi des Noirs est en fianchetto, il est courant de le voir revenir sur sa case initiale f8 pour contrôler les cases vitales c5 et d6, ou pour échanger le fou dame des Blancs qui défend le trou.

La formation Rauzer est souvent mal jugée par les novices. Dans le diagramme de gauche, il semble que les Blancs aient un avantage de développement tandis que la position des Noirs est remplie de trous. En réalité, les Noirs sont beaucoup mieux, parce que les Blancs n’ont pas de possibilité réelle d’améliorer leur position tandis que les Noirs peuvent exploiter la case d41.

 Mur de Boleslavski
  • Ouverture :
  • Type : jeu semi-ouvert, développement lent
  • Thèmes pour les Blancs : faiblesse en d6, poussées e4-e5 et c4-c5, attaque de minorité avec b2-b4-b5
  • Thèmes pour les Noirs : attaque des pions e4 et c4, poussées d6-d5 et f7-f5, jeu sur l’aile dame avec a7-a5-a4

Le mur est encore une autre structure qui laisse les Noirs avec un pion d faible, mais empêche aux Blancs de contrôler le centre et donne aux Noirs un jeu de pièces actif et l’opportunité de jouer sur l’un ou l’autre flanc.

 Gambit dame avec pion dame isolé
La formation isolani

Le pion d isolé est parfois appelé isolani.

  • Ouvertures :
  • Type : jeu ouvert
  • Thèmes pour les Blancs : poussée d4-d5, sacrifice de l’isolani, avant-poste en e5 et c5, attaque sur l’aile roi
  • Thèmes pour les Noirs : blocus de l’isolani, échange de pièces pour une finale supérieure.

L’isolani aboutit à un jeu vif autour de la case d5. Si les Noirs peuvent bloquer le pion, leurs forces positionnelles et les menaces d’échanges leur donnent l’avantage. Sinon, la menace d4-d5 est permanente, et l’isolani peut parfois être sacrifié pour permettre aux pièces blanches une attaque dévastatrice. Kasparov est réputé pour ce sacrifice spéculatif d4-d5.

 Gambit dame avec pions pendants
La formation avec pions pendants
  • Ouvertures :
  • Thèmes pour les Blancs : poussée avec ouverture de ligne au centre, attaque sur l’aile roi
  • Thème pour les Noirs : forcer une avance de pions et blocus de la paire, conversion en isolani

Comme l’isolani, les pions pendants sont une faiblesse structurelle et ne doivent pas être créés à moins qu’ils soient compensés par une meilleure position des pièces. Les Noirs vont tenter de forcer une avancée de pion adverse. Si les Noirs peuvent créer un blocus permanent, la partie est gagnée positionnellement. D’autre part, les Blancs tentent de maintenir les pions tels quels et de lancer une attaque sur l’aile roi, exploitant leur meilleur contrôle du centre. Il existe d’autres thèmes pour les Blancs à base de possibilités tactiques et d’ouverture de ligne au centre.

Gambit dame orthodoxe

  • Ouverture :
  • Type : jeu semi-ouvert
  • Thèmes pour les Blancs : attaque de minorité, poussée e3-e4
  • Thèmes pour les Noirs : avant-poste en e4, attaque sur l’aile roi
 Formation Panov
  • Ouvertures :
  • Type : jeu semi-ouvert, dynamique
  • Thèmes pour les Blancs : exploitation des cases noires, majorité sur l’aile dame en finale avec un pion avancé
  • Thèmes pour les Noirs : avant-poste en e4, attaque sur l’aile roi, pion blanc avancé, poussées e6-e5 et b7-b5
 Formation Stonewall

Les joueurs doivent réfléchir soigneusement à la façon dont ils recapturent sur les cases e4/e5, car cela brise la symétrie de la structure et crée des subtilités stratégiques.

Bibliographie

tableaux de mat

Aux échecs, un tableau de mat ou schéma de mat est une position synthétique d’échec et mat.

Jouer aux échecs c’est aussi reconnaître des positions de pièces permettant de donner mat.

Le mat du couloir est le plus connu, mais vous connaissez aussi la technique de l’escalier avec deux tours. D’autres comme le mat d’Anastasie, le mat de Pillsbury ou le mat des Arabes sont utiles 

Connaître ces positions donne des idées et un projet pour amener une position proche vers la position choisie grâce aux coups que vous organiserez.

Entraînez vous sur des exercices de mat en 1 coup, puis en 2 ou 3 coups à retrouver le schéma de mat qui vous donnera la victoire. Les champions sacrifient parfois plusieurs pièces lourdes pour obtenir le mat et ceci parce qu’ainsi ils forcent l’adversaires a jouer ce qu’ils veulent et l’amènent au mat.

Il y a pleins d’autres schémas, vous pouvez consulter « Comment battre papa aux échecs »  de Murray Chandler que je tiens à votre disposition et le commander le cas échéant à la boutique de la Fédération.

Voici  une liste des de mat typiques du jeu d’échecs. 

les finales

Au jeu d’échecs, la finale « commence quand la réduction du matériel rend le danger de mat immédiat suffisamment faible pour que les rois sortent de leur retraite et participent au combat. ». Il est difficile de lui fixer des limites précises, et certaines parties ne connaissent pas cette dernière phase, car elles s’interrompent plus tôt (par mat, abandon, ou nulle précoce).

Bien qu’elles soient souvent négligées ou redoutées par les joueurs amateurs, les fins de partie constituent un aspect très intéressant du jeu d’échecs, aussi bien sur les plans technique, didactique ou artistique, souvent étroitement mêlés. Publié depuis 1982 et régulièrement mis à jour, l’Encyclopédie des finales d’échecs présente un classement systématique des finales : le code ECE et tente de présenter un panorama exhaustif des finales : 5 volumes publiés et 9000 positions analysées. Depuis, le monde des finales est devenu un espace de recherche privilégié pour les ordinateurs.

Sur le plan technique, une connaissance minimale des finales est nécessaire pour déterminer s’il vaut encore la peine de poursuivre la partie ou non, par exemple. De nombreux pédagogues – à commencer par Siegbert Tarrasch – considèrent d’ailleurs que l’apprentissage du jeu d’échecs doit commencer par l’étude des finales. La seconde justification d’une connaissance, au moins minimale, c’est de permettre au joueur de concrétiser l’avantage matériel ou positionnel qu’il a acquis.

Finales élémentaires :

  1. Roi et pièce(s) contre roi seul :
    Roi et dame contre roi seul
    Roi et tour contre roi seul
    Roi et deux fous contre roi seul
    Roi, fou et cavalier contre roi seul
  2. Thème de la promotion d’un pion :
    Roi et pion contre roi seul
    Roi, tour et pion contre roi et tour :

    Position de Lucena (pour gagner la partie)
    Position de Philidor (pour annuler la partie)
    Position de Vančura (pour annuler la partie)

Finales plus avancées

milieu de partie

Aux échecs, le milieu de jeu est le nom donné à la phase de la partie qui suit l’ouverture (en général, dès le premier coup qui sort des sentiers battus des ouvertures connues), et se transforme en finale habituellement après l’échange des dames. Pendant cette phase, les joueurs tentent de renforcer leur position et d’affaiblir celle de l’adversaire, par un arrangement harmonieux de leurs pièces en vue d’attaques ou de défenses, et par l’élimination des pièces adverses. Le milieu de jeu implique un niveau élevé d’échanges, comprendre comment réaliser les échanges favorables est donc important.

Il existe un nombre de tactiques connues qui visent des gains matériels, comme la fourchette, l’enfilade, le clouage et l’attaque à la découverte, etc. La plupart d’entre elles impliquent une attaque contre le roi adverse (ou inversement, visent à empêcher une attaque de son propre roi), et vont, en général, mener à un avantage.

De plus, il existe des stratégies utiles, comme placer un avant-poste à un endroit bien défendu (case forte), menaçant d’autres cases que l’adversaire pourrait utiliser pour déplacer ses pièces, ou encore placer des pièces à des endroits où elles ne seront réellement utiles que plus tard dans le jeu.

Les forts joueurs utiliseront la tactique pour réaliser des échanges favorables et obtenir une position avantageuse.

La dernière partie du milieu de jeu consiste à se préparer pour la finale. Dans la mesure où de nombreuses finales impliquent la promotion du pion, il est bon de s’en souvenir quand on réalise des échanges dans le milieu de jeu.

les ouvertures

Buts de l’ouverture

Bien qu’une grande variété de coups puissent être joués dans l’ouverture, les buts qui les motivent sont les mêmes de façon générale. Le premier est évidemment d’éviter d’être maté ou de perdre du matériel, comme dans les autres phases du jeu. En supposant qu’aucun des deux camps ne fasse d’erreur manifeste, les buts principaux sont les suivants :

Le développement

L’un des buts principaux dans l’ouverture est de mobiliser les pièces sur des cases utiles où elles auront une influence sur le jeu. Les cavaliers sont souvent développés en f3, c3, f6 et c6 (parfois aussi e2, d2, e7 ou d7), et les pions e et d sont avancés de façon à pouvoir développer les fous (une autre possibilité est de les placer en fianchetto sur la grande diagonale, avec une manœuvre g3 et Fg2 par exemple). La rapidité de la mobilisation est capitale. La dame et les tours, que l’on appelle les pièces lourdes, ne sont pas centralisées dans un premier temps, elle le seront quand suffisamment de pièces légères et des pions auront quitté l’échiquier.

Le contrôle du centre

Au début de la partie, on ne peut pas savoir de quel côté les pièces seront le plus utile plus tard. Le contrôle des cases centrales permet cependant une meilleure mobilité des pièces d’une aile à l’autre, et aussi de réduire l’espace disponible de l’adversaire. La théorie classique veut que l’on obtienne le contrôle le plus efficace en occupant le centre avec des pions, idéalement avec des pions e4 et d4 pour les Blancs. Cependant, l’école hypermoderne a montré qu’il n’était pas toujours indispensable ou même intéressant d’occuper le centre de cette façon, et qu’un centre trop large pouvait faire l’objet d’attaques et même être démoli, compromettant la position. Un front de pions centraux n’a pas beaucoup de valeur à moins de pouvoir être maintenu durablement. Les joueurs hypermodernes ont préconisé le contrôle du centre à distance avec les pièces, la démolition du centre adverse et l’occupation ultérieure du centre. Ceci conduit à des ouvertures telles que la défense Alekhineavec une ligne telle que 1. e4 Cf6 2. e5 Cd5 3. d4 d6 4. c4 Cb6 5. f4 (l’attaque des quatre pions), les Blancs ont un centre de pions impressionnant pour le moment, mais les Noirs comptent bien s’y attaquer, laissant la position blanche vulnérable.

La sécurité du roi

Le roi est vulnérable au milieu de l’échiquier. Des mesures doivent être prises pour réduire son exposition. Il est donc courant que l’on roque dans l’ouverture (ce qui développe aussi la tour), ou, si ce n’est pas possible, d’amener le roi vers le coin de l’échiquier par une série de manœuvres (roque artificiel)

La prévention ou la création de faiblesses

La plupart des ouvertures évitent soigneusement la création de faiblesses dans la structure de pions telles qu’un pion isolé, des pions doublés, un pion arriéré, des îlots de pions, etc. D’autres ouvertures compromettent le succès en finale pour obtenir une attaque rapide sur le camp adverse. Quelques ouvertures déséquilibrées pour les Noirs font usage de ce principe, comme la défense hollandaise ou la défense sicilienne, tandis que d’autres, telles la défense Alekhine et la défense Benoni incitent l’adversaire à avancer et à créer des faiblesses de pions. Certaines ouvertures acceptent les faiblesses de pions en échange de compensation sous forme de jeu dynamique.

La coordination des pièces

En mobilisant ses pièces, le joueur tente de s’assurer qu’elles contribuent harmonieusement au contrôle des cases-clés.

En outre, d’autres plans stratégiques utilisés dans le milieu de partie peuvent aussi être efficaces dans l’ouverture. Citons la préparation de percée de pions pour créer du contre-jeu, la création de faiblesses dans la structure de pions adverse, la prise de contrôle de cases-clés, les échanges favorables de pièces légères (garder la paire de fous par exemple), l’obtention d’un avantage d’espace au centre sur les ailes.

De façon plus générale, de nombreux auteurs (par exemple Reuben Fine dans Les idées cachées dans les ouvertures d’échecs) sont d’avis que la mission des Blancs dans l’ouverture est d’exploiter l’avantage du trait initial dans l’ouverture en le transformant en avantage, tandis que les Noirs cherchent à égaliser. Il existe cependant beaucoup d’ouvertures où les Noirs obtiennent une chance de jouer agressivement pour un avantage dès le début.

Pour le maître international Jeremy Silman, le but de l’ouverture est de créer des déséquilibres dynamiques entre les deux camps qui vont déterminer le type de milieu de jeu et les plans stratégiques choisis par chacun des joueurs5.

La transition entre l’ouverture et le milieu de partie n’est pas clairement établie, mais on considère généralement que la fin du développement ou le roque sont des indicateurs raisonnables. Depuis l’avènement des échecs modernes et le développement exponentiel de la théorie, l’ouverture est une phase extrêmement étudiée par les joueurs et les analystes. Les joueurs de compétition connaissent tous des séquences de parfois plusieurs dizaines de coups.

 I   A  Les débuts dits « ouverts » permettent un développement rapide (en ouvrant notamment la voie au fou roi et à la dame) et tentent une conquête territoriale (avancée de deux cases). Ils débouchent donc généralement sur un jeu tactique où la confrontation intervient rapidement7. Bien qu’il ne leur soit pas réservé, c’est le type d’ouverture favorisé par les débutants car les plans sous-jacents sont généralement assez limpides.

Il y a peu de transpositions car les Blancs sont, dans beaucoup d’ouvertures, en mesure de forcer la réponse noire. Tant que les Noirs sont en mesure de maintenir le pion central, ils ont peu à craindre. Les Blancs s’efforcent donc souvent de jouer de façon agressive pour faire disparaître le pion en e5, soit par f4 soit par d48. Les Noirs ont des possibilités de contre-attaque si leur adversaire reste timoré. Un autre objectif fréquent des Blancs est de contrôler la seconde case-critique d5, le coup …d7-d5 étant généralement un coup libérateur pour les Noirs dans les débuts ouverts.

 

La partie espagnole est une ouverture du jeu d’échecs. Elle est également appelée Ruy Lopez   Elle n’est devenue populaire que vers le milieu du xixesiècle, après que le théoricien russe Carl Jaenisch en a publié l’analyse. Tout en étant l’une des ouvertures les plus anciennes du jeu  la partie espagnole est maintenant l’une des plus populaires. Elle comporte un grand nombre de variantes et forme aujourd’hui un corpus gigantesque. L’espagnole est constituée par les coups :        1°   e4 ;  e5         2°     Cf3 ; Cc6     3°   Fb5

Dans son livre Les idées cachées dans les ouvertures d’échecs (1943), Reuben Fine avance que la partie espagnole est le plus fort début ouvert à la disposition des Blancs. En effet, c’est celui qui introduit le contrôle le plus durable sur la case d5 (dans la ligne principale, les Noirs ne jouent pas 8…d7-d5 mais …d7-d6 et laissent le pion là durablement pour soutenir le pion e5).

Dans la ligne principale, les Noirs mettent très longtemps à égaliser (ne plus subir le handicap lié au fait de ne pas avoir le trait). D’ailleurs, c’est historiquement lorsque la partie espagnole s’est popularisée que, du fait de la « torture espagnole » engendrée par cette ouverture, les débuts semi-ouverts (où les Noirs répondent autre chose que 1…e5 à 1. e4) ont pris leur essor.

 Si presque tous les champions du monde ont joué significativement la variante Tchigorine, tous sauf Wilhelm Steinitz ont pratiqué abondamment la partie espagnole avec les Blancs ; on peut citer parmi les plus emblématiques de ce côté-ci de l’échiquier Bobby Fischer et Anatoli Karpov.
La partie écossaise débute par les coups 1. e4 e5      2. Cf3Cc6 

3.d4  L’avancée d4 du pion blanc au troisième coup a pour but d’ouvrir le centre, 3…exd4 étant le meilleur coup à la disposition des Noirs. Le « début écossais1 » se poursuit par 3… exd4 

Comme l’ouverture écossaise pose relativement peu de difficultés aux Noirs pour égaliser, on ne la rencontre qu’occasionnellement dans les grands tournois.

4. Cxd4 mais les Blancs peuvent aussi choisir de sacrifier le pion d4 pour une mobilisation plus rapide par 3…exd4

4. c3, qui est le gambit Göring (voir analyse ci-dessous), ou par 3…exd4

4. Fc4, qu’on appelle gambit écossais. Cette dernière ligne peut transposer dans l’Attaque Max Lange, qui conduit à de grandes complications, par 4. Fc4 Cf6 5. 0-0 Fc5 6. e5. Le gambit écossais peut également transposer dans la défense des deux cavaliers par 4. Fc4 Cf6 5. e5 ou dans la partie italienne par 4…Fc5 5. c3 Cf6 6. cxd4 Fb4+.

Le coup 3. d4 ne conduit donc pas toujours à une partie écossaise proprement dite.

 

La partie italienne est une ouverture du jeu d’échecs qui s’obtient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4 Fc5 (l’ordre des coups peut varier). Les Noirs y cherchent juste à maintenir l’équilibre, contrairement à la défense des deux cavaliers(caractérisée par les coups 1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fc4 Cf6), où ils contre-attaquent dès le troisième coup. La partie italienne compte parmi les ouvertures les plus anciennes; elle fut déjà analysée par Pedro Damiano dans son livre publié à Rome en 1512. Cette ouverture est très employée par les débutants, mais les grands maîtres lui préfèrent la Sicilienne.

La défense russe, que l’on nomme aussi défense Petrov, est une ouverture du jeu d’échecs. Elle s’obtient après les coups 1.e4 e5 2.Cf3 Cf6.

Connue depuis la Renaissance, cette défense a été particulièrement analysée par l’un des fondateurs de l’école d’échecs de Saint-PétersbourgAlexandre Petrov (1794-1867). Au premier abord, elle semble être une contre-attaque virulente, mais en fait, elle est réputée pour aboutir, à haut niveau, à des nulles rapides. Elle peut cependant se révéler piégeuse. Elle est souvent utilisée par des joueurs recherchant, avec les noirs, des positions solides, avec généralement la nulle pour objectif, comme, au plus haut niveau, l’ancien champion du monde Vladimir Kramnik et l’Israélien Boris Gelfand.

La défense Philidorest obtenue (dans son ordre de coups traditionnel) par les coups 1.e4 e5 2.Cf3 d6. La défense Philidor est réputée solide, mais assez passive.  A partir des années 1990, la possibilité d’utiliser l’ordre de coups de la défense Pirc est explorée par quelques joueurs de haut niveau, comme Étienne Bacrot ou Liviu-Dieter Nisipeanu. D’autres joueurs de haut niveau y recourent lorsqu’ils ne veulent pas employer leur répertoire d’ouvertures normal, par exemple par crainte d’une préparation adverse. C’est le cas d’Alexander Morozevich et de Maxime Vachier-Lagrave.

De nos jours, la défense Philidor est rarement jouée à haut niveau dans l’ordre de coups originel à cause de la variante 1.e4 e5 2.Cf3 d6 3.d4 Cf6 4.dxe5 Cxe4 5.Dd5!, qui donne l’initiative aux blancs1.

Elle est donc généralement obtenue par transposition à partir de la défense Pirc : 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 Cbd7 4.Cf3 e5.

Dans la pratique moderne, la variante généralement jouée est 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 Cbd7 4.Cf3 e5 5.Fc4 Fe7 6.0-0 0-0 et la partie est revenue dans la variante Hanham de la Philidor, qui en est la variante principale.

I B   Débuts semi ouverts (les noirs ne répondent pas par 1 ; …e5  les Noirs rompent la symétrie dès leur premier coup. Ils acceptent d’adopter (temporairement) une structure de pion moins favorable dans le but d’obtenir, à plus ou moins long terme, une rupture et donc une liquidation du centre par des échanges de pions centraux.

  1. Les Noirs font pression par un pion sur d4
    1. Défense sicilienne (1… c5), l’ouverture la plus jouée à haut niveau contre 1. e410
  2. Les Noirs font pression par un pion (1… d5 ou 2… d5) sur e411
    1. Défense française, très populaire à tous les niveaux de la compétition12
    2. Défense Caro-Kann, réputée être l’une des défenses les plus solides13

La défense sicilienne

une des ouvertures les plus jouées du jeu d’échecs. Populaire auprès des joueurs de tous niveaux.  Elle appartient aux débuts semi-ouverts et est très utilisée face au coup blanc 1. e41.  elle s’impose dans tout répertoire d’ouvertures d’un joueur de première catégorie. De très nombreuses variantes sont étudiées sur le plan théorique   .

L’idée principale de la défense sicilienne est d’opposer à l’avantage d’espace des blancs au centre et à l’aile roi, un contre-jeu actif à l’aile dame, retardant souvent le petit roque. Depuis plusieurs décennies, elle est très populaire, car elle offre aux noirs de réelles chances de gain sans devoir se contenter de l’égalisation, tandis que d’autres ouvertures, comme la défense russe, limitent certes les chances des blancs, mais offrent moins de perspectives de victoire aux noirs également. La sicilienne conduit à un jeu très dynamique, et offre des possibilités de victoire aux deux camps.

La variante du dragon ou Sicilienne dragon ou simplement le dragon1 est une ouverture du jeu d’échecs.

C’est une variante extrêmement tranchante de la très populaire défense sicilienne.  La variante du dragon est étudiée très en profondeur par la théorie. Aujourd’hui, sans être abandonnée, elle est relativement peu jouée à haut niveau, et les avis à son sujet sont presque aussi tranchés que les parties auxquelles elle donne lieu.

La variante du dragon s’obtient par :  1. e4 c5      2.Cf3 d6     3.d4 cxd4                                                                                                     4.Cxd4 Cf6                5.Cc3 g6.

La défense française   commence par les coups 1.e4 e6. Elle se poursuit généralement par 2.d4 d5, qui constitue la partie française. .

Très populaire à tous les niveaux de la compétition1, elle doit notamment cette popularité selon le maître B. Zlotnik2, au fait qu’à la différence de la défense sicilienne, la défense française ne demande pas de connaître les variantes d’une manière trop concrète (ces dernières étant rarement des coups forcés), mais que les idées stratégiques (l’appréciation positionnelle) y prennent le pas sur la tactique. Selon Fred Reinfeld3, elle est aussi plus portée sur la contre-attaque que la défense Caro-Kann, tout en étant moins risquée que la défense sicilienne.

L’idée principale des noirs dans la défense française est de contester la domination du centre par les blancs en installant un pion en d5, soutenu par le pion e6, et en attaquant le pion d4 par la poussée c7-c5.

Les noirs souffrent cependant du désavantage stratégique d’avoir enfermé leur fou des cases blanches en c8 derrière les pions e6 et d5. Face à cette pression, les blancs ont plusieurs options: soit maintenir la tension (par 3.Cc3 ou 3. Cd2), soit pousser le pion e4 en e5 (variante d’avance), soit encore échanger en d5 (variante d’échange). Les Blancs jouissent généralement d’une plus grande liberté d’action que les Noirs dans la défense française4.

La défense Caro-Kann est une ouverture aux échecs qui se caractérise par les coups 1. e4 c6. Elle fait partie des débuts semi-ouverts, où les Noirs répondent à 1. e4 autre chose que 1… e5. Elle est utilisée par les joueurs qui recherchent d’abord la sécurité, comme le conseillait le champion du monde Tigran Petrossian pour les Noirs. De fait, la défense Caro-Kann est réputée être l’une des défenses les plus solides contre 1. e4 et elle permet généralement un meilleur développement du Fou c8 que la défense française. Elle convient parfaitement aux joueurs des Noirs positionnels qui n’ont pas peur des parties nulles, à l’instar de l’ex-champion du monde Anatoli Karpov.

 

 

 

Les débuts fermés (1.d4 d5)    sont traditionnellement considérés comme menant à des parties plus positionnelles durant lesquelles l’affrontement est indirect, chaque joueur cherchant à mettre en place une structure optimisée plutôt qu’à obtenir un gain matériel ou territorial à court terme.

On retrouve la symétrie des jeux ouverts (1. e4 e5) et donc les mêmes idées générales de part et d’autre. Mais les pions dame avancés de deux pas restent protégés, alors que les pions roi ne l’étaient pas. C’est cette différence fondamentale qui fait que la quasi-totalité des parties se poursuit par le Gambit dame 2. c4, attaque de flanc par un autre pion visant à éliminer le pion central noir. La notion de gambit pour cette ligne est erronée car la pratique montre qu’après la prise du pion c4, les Noirs doivent rendre le pion sous peine de subir une position très défavorable.

  1. Gambit dame (1. d4 d5 2. c4 …)
    1. Gambit dame accepté : les Noirs jouent …d5xc4, comme dans certaines variantes de la défense slave et de la défense semi-slave

Les débuts semi-fermés (1.d4, lorsque les Noirs ne répondent pas 1… d5)

Là encore, les Noirs rompent la symétrie. Cet ensemble d’ouvertures a été prôné par l’école hypermoderne. Il évoque souvent la vieille pratique des échecs indiens (d’où le terme de défenses indiennes commençant par 1…Cf621), lesquels ignoraient l’avance initiale des pions de deux cases. L’objectif, pour les Noirs, est de contrôler le centre à distance sans l’occuper. Ils ne peuvent toutefois permettre aux Blancs d’installer un centre puissant et c’est la raison pour laquelle la suite courante est 1…Cf6, empêchant l’immédiat 2.e4.

Ces ouvertures sont relativement complexes à traiter, et les transpositions y sont fréquentes.

  1. Les Noirs contrôlent e4 sans occuper d522 (par …f5 ou … Cf6 avec … Fb4 ou … Fb7)
    1. Défense hollandaise (1… f5)
    2. Défense nimzo-indienne
    3. Défense ouest-indienne
    4. Défense Bogo-indienne
  2. Les Noirs font pression sur d423 par …e5, …c5 ou …Cc6
    1. Défense Grünfeld et Défense est-indienne (2. c4 g6)
    2. Défense vieille-indienne (2. c4 d6, suivi de …e5)

La défense nimzo-indienne  fait partie des ouvertures semi-fermées . Très populaire, elle se caractérise par les coups 1.d4 Cf6  2.c4 e6  3.Cc3 Fb4.

Selon Euwe1, la première apparition notoire de cette défense date du tournoi de Saint-Pétersbourg de 1914, où Alexandre Alekhine l’utilisa contre Akiba Rubinstein. Elle a été élaborée dans les années 1920 par le courant hypermoderne, en particulier par le grand maître Aaron Nimzowitsch.  Richard Reti : « la différence essentielle entre la défense Indienne et 1…d5 réside dans l’élasticité de la position des pions noirs. Par exemple, si les Blancs font des efforts immédiats pour se créer de nouveaux points forts sur cases blanches et forcer e4, les Noirs ne sont pas obligés de persister dans leur plan, mais doivent s’adapter à la nouvelle situation et se concentrer cette fois sur les cases noires pour jouer d6 et e5. Ils ont là un avantage sur l’ancienne défense Tchigorin en ce que leur Fou Roi est déjà en b4 et peut être échangé contre le Cavalier c3 au lieu d’être enfermé à l’intérieur d’une chaîne de pions »

La défense hollandaise est une ouverture au jeu d’échecs très risquée pour les noirs s’ils ne connaissent pas bien la théorie1. Elle peut se révéler une excellente réponse à 1. d4 et se caractérise par le coup …f5 joué (au premier coup ou plus tard, par exemple après 1…e6) en réponse à 1. d4.

C’est une défense déroutante qui par effet miroir rappelle la défense sicilienne. Mentionnée dans un traité anonyme édité à Paris en 1775, elle a fait l’objet en 1789 d’une analyse systématique de la part du théoricien hollandais Elias Stein (1748-1812)2. Elle acquiert une renommée internationale grâce à Saint-Amant qui l’utilise pour vaincre son rival anglais George Walker en 1836. Elle subit une période de disgrâce à la charnière des années 1900, coïncidant avec le règne de Steinitz. Elle est réhabilitée à partir des années 1920 dans l’esprit des idées hypermodernes, notamment par Alekhine et TartakoverMikhaïl Botvinnik l’a pratiquée avec grand succès.

Elle est constituée par trois grandes lignes :

  • la variante Stonewall (« mur de pierres » en anglais) avec …e6, …d5 et …c6 ;
  • la ligne classique avec …e6 et …d6 ;
  • la variante Leningrad avec …g6 et …Fg7.

La défense Grünfeld est créée par le joueur autrichien Ernst Grünfeld (1893-1962). Elle s’obtient après les coups 1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 d5 (l’ordre des coups peut varier, ce qu’on appelle une transposition). C’est une ouverture dynamique qui mène à de grandes complications.

la partie catalane combine le fianchetto Fg2 avec le duo de pions blancs d4 et c4. Jouer cette ouverture avec les Blancs permet d’éviter aussi bien la défense nimzo-indienne que la défense ouest-indienne. La partie catalane s’obtient après 1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.g3.

Selon Raïetsky et Tchétverik, la partie catalane est un « gambit dame refusé avec le fou blanc du roi en fianchetto […] où le conflit de pions est obligatoire »1.

Les ouvertures de flanc (coups initiaux autres que 1. e4 ou 1. d4)

Il s’agit d’ouvertures où les Blancs appliquent pour eux-mêmes les principes de contrôle du centre à distance de l’école hypermoderne. Les possibilités de transpositions sont encore plus importantes si les Noirs dans leur réponse adoptent les mêmes principes. Au contraire, les Noirs peuvent prendre possession du centre, ce qui conduit souvent à des ouvertures familières avec les couleurs inversées : sicilienne inversée (1. c4 e5) ou hollandaise inversée (1. f4 d5) ou indienne inversée (1. Cf3 d5)… .

 

L’ouverture anglaise ou partie anglaise débute par le coup 1. c4.

Par le coup 1.c4, les blancs montrent leur intention de contrôler la case d54. L’idée principale est de jouer au centre ou à l’aile dame en construisant une position à partir de la case d54. Ce contrôle sur d5 sera renforcé en plaçant le cavalier en c3, ainsi que, souvent, en réalisant la poussée g3 pour placer le fou de cases blanches en fianchetto en g24. Il est aussi possible de jouer e44. Le but est le positionnement d’un cavalier en d5 qui devient « une épine irritante dans le camp des noirs4. »

Lors de l’utilisation d’un fianchetto, le roi blanc effectue en général un petit roque pour assurer sa sécurité5. Le fou g2 contrôle d5 mais vise aussi, à l’aile dame, les cases c6 et b75. Les blancs peuvent alors tenter de gagner de l’espace de ce côté en jouant b4-b5, en échangeant éventuellement le pion a, ce qui peut leur permettre de contrôler la colonne A. Ce coup permet en outre d’éviter que le cavalier d5 soit délogé par c6. L’échange éventuel du cavalier d5 peut être compensé par un jeu avec les pièces majeures sur la colonne C alors ouverte ou semi-couverte5.

Si les blancs visent ainsi une attaque à l’aile dame, les noirs peuvent pendant ce temps avancer à l’aile roi5. Le roi blanc peut alors paraître vulnérable dans cette situation, mais elle peut déboucher sur un gain positionnel à l’aile dame entrainant une attaque sur le roi noir5. Cette situation n’est néanmoins viable pour les blancs que dans le cas d’une position fermée, sans échange de pions au centre5. Avec un centre ouvert, si les noirs jouent d5 suivi de cxd5, le jeu sur les ailes sera plus limité pour les deux camps puisqu’il est connu qu’une attaque sur les ailes peut être réfutée efficacement par une action au centre5.

Par ce coup, les Blancs contrôlent le centre (la case d5). Après 1. c4, les transpositions dans d’autres ouvertures comme la Caro-Kann ou la Slavela Hollandaise, le Gambit dame refusé, des ouvertures indiennes (1. d4 Cf6 2. c4), la Partie catalane ou le Début Réti sont fréquentes.

Les réponses 1…e5 et 1…c5 donnent plutôt lieu à des développements propres à l’Anglaise, avec des parties de louvoiement (surtout après 1…c5, et notamment ce qu’on appelle le système hérisson). Les Blancs peuvent débuter par 1. c4 pour éviter certaines ouvertures comme la défense Grünfeld1 la défense nimzo-indienne (car les Blancs retardent ou s’abstiennent de jouer d4), le Gambit dame accepté, les défenses Benoni ou le Gambit Benko.

Le choix de cette ouverture n’est pas conseillé pour les débutants, qui n’ont pas un très bon sens positionnel2. L’Anglaise plaît particulièrement aux joueurs qui aiment quitter les sentiers battus2.

 

L’ouverture Bird (ou début Bird) est caractérisée par le coup 1.f4. Elle tire son nom du maître anglais du xixe siècle Henry Bird.

Selon ChessBase, chez les maîtres, 1.f4 est le sixième coup en popularité. Il est bien moins populaire que l’ouverture de flanc symétrique 1.c4 (l’ouverture anglaise) principalement parce que 1.f4 affaiblit quelque peu l’aile roi blanche. Un des rares grands maîtres à l’avoir employé régulièrement est le Danois Bent Larsen. 1.f4 est aussi fréquent aux parties du GMI Danielsen

La réponse la plus courante des Noirs est 1…d5, et le jeu peut prendre l’allure d’une défense hollandaise (1.d4 f5) avec les couleurs inversées. Les Blancs vont alors soit placer le fou roi en fianchetto avec Cf3, g3, Fg2 et O-O avec une structure comme une hollandaise Leningrad inversée, soit adopter une formation stonewall avec les pions en d4, e3 et f4 et tenter une attaque à l’aile roi, ou bien encore placer leur fou dame en fianchetto pour augmenter l’emprise sur la case e5. Une autre stratégie, par analogie avec la variante Iline-Jenevski de la défense hollandaise, consiste pour les Blancs à jouer e3, Fe2, O-O, d3 et à essayer de réaliser la percée e3-e4 de diverses façons, par exemple Ce5, Ff3, De2 et finalement e3-e4 ou simplement Cc3 suivi par e4.

Concernant la variante de « Hollandaise inversée », le GMI Henrik Danielsen en a beaucoup peaufiné une variante dite « Système de l’Ours Polaire » (Polar Bear System). A noter que cette variante doit être prise au sérieux puisque le champion du monde actuel Magnus Carlsen l’a utilisée lors du London Chess Classic (décembre 2017) de façon victorieuse contre Michael Adams…

l’Attaque est-indienne (AEI, King’s Indian Attack, KIA en anglais) est un système d’ouverture pour les Blancs qui a notamment été utilisé par Bobby Fischer. L’attaque est-indienne est une ouverture fermée et stratégique qui offre au conducteur des Blancs une panoplie de thèmes et de tactiques et un milieu de partie confortable face à des défenses variées.

L’AEI est souvent utilisée contre les défenses semi-ouvertes où les Noirs répondent de façon asymétrique à e4, comme la défense sicilienne, la défense française, ou la défense Caro-Kann, mais pas contre la défense scandinave. Elle peut aussi être jouée contre les défenses fermées, souvent en débutant par 1.Cf3 et en plaçant le fou roi en fianchetto. Il est courant de transposer dans le début Réti, la partie catalane, l’ouverture anglaise et même le début Larsen (après b3 et Fb2).

L’ouverture ne consiste pas en une série de coups spécifiques, mais plutôt en un système qui peut être joué avec plusieurs ordres de coups. La plupart du temps, la formation est-indienne est accomplie par l’ordre de coups d3, Cd2, Cgf3, g3, Fg2, et O-O mais commence parfois par g3, Cf3 ou d3.

L’AEI est un miroir de la disposition des pièces adoptée dans la défense est-indienne. Cependant, grâce au tempo de plus des Blancs, la nature du jeu ultérieur est souvent différente de celle d’une est-indienne typique.

L’AEI est considérée comme une ouverture solide pour les Blancs, bien que moins ambitieuse que de nombreuses autres ouvertures. Elle est rarement utilisée à haut niveau, mais est populaire au niveau de club, parce qu’elle est plus facile à apprendre que d’autres ouvertures qui nécessitent la mémorisation de suites de coups pour éviter des positions perdantes.

Le plan le plus courant des Blancs consiste en la poussée e4-e5, créant un étau au centre, de l’espace à l’aile roi et de bonnes chances d’attaque contre un petit roque. Les ressources des Noirs ne doivent pas être négligées, comme l’espace à l’aile dame. Cette asymétrie conduit souvent à un violent milieu de partie et à des réseaux de mat avec sacrifice de pièces.

Ouvertures non orthodoxes

On appelle ouverture non orthodoxe ou irrégulière aux échecs la résultante d’un ou de premiers coups inhabituels joués par l’un ou l’autre camp.

Bien que certaines de ces ouvertures ne soient pas totalement mauvaises (il existe même des joueurs qui ont vaincu de forts adversaires en les utilisant), elles sont rarement jouées, pour diverses raisons :

  • elles sont trop passives pour les Blancs (1. c3, 1. d3, 1. e3, 1. Cc3),
  • elles affaiblissent inutilement l’aile roi (1. f3, 1. g4),
  • elles ne font rien pour le contrôle du centre (1. a3, 1. a4, 1. h3, 1.h4),
  • elles développent un cavalier sur une case non stratégique (1. Ca3, 1. Ch3).

Ouverture de l’orang-outang ou ouverture Sokolski1, ou encore ouverture polonaise, est caractérisé par le premier coup 1. b4. C’est une ouverture rare.  Xavier Tartakover, joueur français d’origine polonaise, joua ce coup pour la première fois à haut niveau au Tournoi de New York en 1924 et appela ainsi le début à la suite d’une visite au zoo du Bronx1.L’ouverture n’a jamais été populaire à haut niveau, bien que quelques forts joueurs l’aient employée occasionnellement (par exemple Richard Réti contre Abraham Speijer à Scheveningue en 19232 et Boris Spassky contre Vasily Smyslov en 19603).

 

les gambits

Au jeu d’échecs, le gambit est un sacrifice volontaire d’un pion ou, plus rarement, d’une figure dans la phase d’ouverturedans le but d’obtenir un avantage stratégique non matériel : attaque, gain d’espace, ouverture de lignes, dislocation de la structure de pions adverse, gain de temps, etc. Le gambit est parfois risqué, car si l’avantage stratégique n’est pas bien exploité, le déséquilibre matériel offrira de meilleures chances de gain à l’adversaire.

Les parties débutant par un gambit sont souvent très rythmées, car le camp qui l’aura joué devra jouer énergiquement afin de ne pas perdre son avantage.

Le mot gambit a été utilisé en 1561 par le joueur espagnol Ruy López, il provient de l’expression italienne dare il gambetto (faire un croc-en-jambe). Le mot prend ensuite la forme gambito en espagnol, puis gambit en français au xviiie siècle.

Types de gambits

Les gambits sont qualifiés d’offre de matériel à l’adversaire. Si l’adversaire capture la pièce offerte, on parle de gambit accepté, s’il offre à son tour du matériel, on parle de contre-gambit et le gambit est refusé par d’autres coups.

Dans certaines variantes d’ouverture, le gambit est accepté mais le matériel est restitué à l’adversaire ultérieurement, à un moment opportun. Ce scénario est considéré comme étant le moins risqué car il permet de rééquilibrer la position.

L’avantage stratégique tiré du gambit est qualifié de compensation pour le matériel concédé.

On parle parfois de pseudo-gambit quand la compensation stratégique est telle que l’acceptation du gambit serait très risquée, ou que le matériel concédé sera certainement récupéré plus tard (par exemple dans le cas du gambit dame).

On qualifie le gambit de correct si les avantages non-matériels perdurent et donnent de bonnes chances au camp qui offre le gambit, il est au contraire incorrect ou réfuté si l’avantage intangible se dissipe ou s’avère insuffisant, laissant le camp qui a offert le gambit en infériorité matérielle sans compensation adéquate.

Exemples de gambits

et après des recherches approfondies :   …         LE GAMBIT FRANGYPAN  !

préparer un tournoi

1° se préparer aux tournois 

La charge de fatigue, d’excitation et d’émotion lors d’un tournoi ne nous met pas dans la meilleure  disposition pour créer des solutions, c’est là que la préparation du joueur est capitale  et il y a plusieurs manières de progresser aux échecs. 

Variez vos approches pour garder le plaisir de jouer.

Partagez  avec d’autres joueurs  sur votre jeu  : ils vous apportent leurs impressions et leurs réflexions sur votre niveau technique et votre style de jeu Vous pourrez ainsi mieux  cerner vos qualités et défauts  et travailler plus efficacement  à votre progression.

Etudier dans des livres d’échecs     Cela nécessite de bien maîtriser la notation, de bien visualiser sur un échiquier à quoi correspondent les différentes coordonnées des cases pour que l’exercice ne soit pas trop fastidieux, mais il faut bien commencer. Commencez humblement, cherchez conseils pour trouver un livre abordable et synthétique qui sera une base.

jouer avec des adversaires de niveau varié, contre un joueur plus faible on s’exerce à être plus efficace, à combiner ses attaques. Contre un joueur plus fort, on apprend à se défendre, on organise mieux le développement de ses pièces. De même varier les partenaires contribue à la variété des parties, ainsi vous pouvez rencontrer  les joueurs de Bellegarde.  Nos voisins se retrouvent au centre Jean Vilar, en dessous de la place qui se trouve derrière la Mairie. Entre jeunes, ados et adultes, de joueurs débutants à joueurs de bon niveau, vous  y trouverez les adversaires qui vous correspondent.

 

Faire des exercices sur des thèmes précis   ils permettent de connaitre et de s’approprier des positions clés afin de pouvoir les reconnaître et les exploiter le moment venu de manière favorable ou de réagir pour sortir d’un piège. C’est aussi un gain de temps lors d’une partie que de reconnaître une position clé et de se rappeler ce qui peut être fait plutôt que de réinventer ce que d’autres ont brillamment réalisé. S’ exercer sur des exercices de mat en 2 ou 3 coups est formateur pour apprendre à amener l’autre joueur vers la configuration souhaitée.

Analyser ses parties     Chacun a son style, ses atouts et ses faiblesses. Revenir sur ses parties si on a pris soin de les noter permet de s’ouvrir à d’autres possibilités, à une autre façon d’exploiter une situation. Réfléchir périodiquement sur ses parties permet de déraciner certains schémas d’action qui ont pu être efficaces mais deviennent contre productifs face à un joueur plus fort. Revoir ces situations qui se répètent et travailler à inventer d’autres solutions, c’est semer les idées qui surgiront durant un tournoi.

Jouer des parties rapides    cela exerce vos « réflexes » qui sont en fait la somme de vos expériences et de vos connaissances, cela entraîne à être efficace, à mobiliser son esprit pour trouver vite une solution.  Mais cela ne produit pas les meilleures parties car on n’a pas le temps de tout vérifier ou de chercher mieux.

Jouer des parties lentes  Cela apprend à gérer son capital attention, à se relaxer et à respirer périodiquement pour ne pas asphyxier son cerveau. Cela permet de réfléchir posément, méthodiquement aux risques et aux opportunités d’un mouvement, d’une position. C’est exigeant car il est fatigant en milieu ou fin de partie de vérifier, alors chacun est tenté de foncer, d’être optimiste ou de sous estimer l’adversaire plutôt que chercher autre chose.

Travailler avec un entraîneur  Au delà des connaissances techniques, cela permet d’accéder à une autre méthode de jeu pour évaluer une position, développer son jeu d’une manière plus efficace et analyser le coup de l’adversaire avec moins de stress. C’est une démarche qualitative

2° la veille du tournoi

Reposez vous, et oxygénez vous !   C’est le moment de faire une randonnée douce,  d’aller au ciné ou de lire, enfin  de se changer les idées, de rire ou danser.

Préservez votre confiance en vous   Ce parti pris de couper avec la préparation a aussi son utilité psychologique.  Il est difficile d’évaluer ce qu’on acquiert un jour avant mais en révisant, en se testant, on se confronte aussi à ses lacunes sans le temps suffisant pour y remédier.  Le risque est de se dévaluer, de se fatiguer à ressasser et de partir perdant parce qu’on se sent moins performant la veille. De plus la fatigue et la nervosité réduiront à peu de choses les connaissances acquises la veille.

3° le jour du tournoi

Dans le tournoi au système suisse les joueurs classés  du plus fort au plus faible se partagent en 2 listes.  L’appariement confronte les 1° de chaque liste, puis les 2°, …  Lors de la 2° partie, le processus est le même ; ceux qui ont gagné sont classés et partagés en 2 listes et idem pour ceux qui ont perdu.

La 1° et la 2° partie sont  généralement « ingagnables »,   d’autant plus si vous n’êtes pas encore entrés dans le tournoi. Ne vous investissez pas trop affectivement, gardez vos forces pour plus tard en jouant calmement et du mieux possible.

Pensez à respirer en vous tenant souvent droit et/ou en respirant avec le ventre si vous voulez rester discret durant une partie.

Faites des pauses dans votre réflexion, économisez vos neurones ! Un tournoi c’est long.  Il ne sert à rien  de subir le suspens de la réflexion de l’autre et d’envisagez toutes les réponses possibles. En effet ceci vous devez l’avoir calculé avant de jouer et dans le cas contraire, limitez votre effort d’anticipation à 2 ou 3 réponses probables (pas celles qui vous arrangent). Regardez autour de vous, faites le vide et attendez  en pensant à une chose agréable pendant que votre adversaire réfléchit.

Ne reprenez pas la pièce qui prend par principe, cela vous rend trop prévisible et vous expose aux pièges comme les sacrifices, la libération d’une pièce masquée par une attaque, les tactiques de déviation, …

Pensez toujours au mat en cours de partie, faire le ménage prend du temps et distrait du principal. Mieux vaut aussi finir plus vite une partie.

 Ne calculez pas trop loinCherchez l’efficacité, le gain de temps  Plus c’est loin, plus les possibilités à envisager sont grandes sauf si les coups forcent l’adversaire à une réponse précise.   Votre  adversaire n’est pas si prévisible alors mieux vaut des solutions rapides que des plans à 4 ou 5 coups lents à mettre en oeuvre et parfois pour rien, car l’adversaire vous prend de vitesse.

Simplifiez quand vous avez l’avantage matériel, en échangeant des pièces de même valeur. Vous gagnerez du temps en finale si vous n’êtes plus harcelé par la tour qui lui reste

 

A la fin d’une partie, sortez de la salle, marchez et allez voir autre chose. D’une part vous avez besoin de vous libérer de la tension accumulée et d’autre part, le bruit et la tension ambiante ne permettent pas de se reposer ou de se recentrer. Vous avez besoin d’une coupure, quitte à revenir voir comment s’en sortent vos amis.  Avant de reprendre, évaluez vous. Qu’avez vous pensé de cette partie, qu’est ce qu’il ne faut pas refaire ?

 

 

 

Les sacrifices

 

On parle de vrai sacrifice quand les compensations sont uniquement positionnelles, et que la perte de matériel est durable et l’issue incertaine. Un pseudo sacrifice est, par contre, une combinaison dans laquelle du matériel est initialement concédé, mais récupéré ensuite de façon forcée1.

Les vrais sacrifices ne donnent pas de résultats directs et facilement appréciables. On peut obtenir des compensations pour le matériel sacrifié, mais même après quelques coups, il n’est généralement pas évident que les chances de gain ont été influencées positivement par le sacrifice. Les vrais sacrifices sont aussi appelés sacrifices spéculatifs ou sacrifices positionnels.

On peut encore classer les sacrifices selon le type d’avantage recherché :

Le but du pseudo sacrifice est :

de donner l’échec et mat
le but du pseudo sacrifice est souvent de mater le roi adverse. Le mat étant le but du jeu, la perte de matériel importe peu si le mat suit. Les sacrifices menant au mat font généralement partie de suites de coups forcées avec des échecs, qui réduisent les possibilités de l’adversaire.
d’éviter la défaite
à l’inverse, le sacrifice peut s’inscrire dans une combinaison qui mène au pat ou à l’échec perpétuel, ou créer une forteresse, de forcer la nulle d’une autre façon, ou encore d’éviter une perte de matériel encore plus importante.
le gain matériel
un sacrifice peut être le début d’une combinaison qui mène à la récupération ultérieure du matériel sacrifié, voire de plus de matériel que celui qui a été investi dans le sacrifice. Un cas particulier est le sacrifice qui aboutit à la promotiond’un pion.
la simplification
même si le sacrifice conduit à une réduction immédiate du matériel, un joueur qui a déjà un avantage matériel peut décider de restituer cet avantage en totalité ou en partie pour aboutir à une position où le chemin de la victoire est plus facile.

On peut encore sous-catégoriser en fonction du mécanisme qui est à la base de son fonctionnement, bien que quelques types de sacrifices entrent dans plusieurs catégories :

le sacrifice de déviation
le but est de soustraire une pièce à une case où elle joue un rôle particulier.
le sacrifice de destruction
le but est de supprimer une pièce adverse dont la valeur est théoriquement inférieure, mais dont le rôle est plus crucial dans la position, et qui aboutit à la prise de contrôle de cases clés de la position.
le sacrifice magnétique
similaire à la déviation, mais le but est ici de déplacer une pièce vers une case de moindre importance, plutôt que de la déplacer d’une case importante.
le sacrifice d’évacuation
le but est d’évacuer la case initiale de la pièce sacrifiée pour l’occuper avec une autre pièce.
le sacrifice pour le tempo
le joueur qui sacrifie n’empêche pas son adversaire de gagner du matériel, parce qu’il poursuit un but plus important, pendant que l’adversaire perd un temps à capturer sa ou ses pièces, comme une attaque contre le roi adverse ou le fait de mener un pion à la promotion.
le sacrifice suicide
le joueur cherche à se débarrasser de ses pièces pour conduire au pat.

On peut classer les vrais sacrifices de la façon suivante :

l’attaque contre le roi
un joueur peut sacrifier une pièce ou un pion pour ouvrir des lignes à proximité du roi adverse, pour obtenir un avantage d’espace à l’aile roi, pour détruire ou endommager les pions qui abritent le roi, ou pour garder le roi adverse au centre. Cependant, le chemin vers le mat peut rester obscur ou ne pas exister. Si l’adversaire parvient à repousser l’attaque tout en conservant le matériel, il gagnera souvent la partie. Le sacrifice grec (Fxh7+) en est un exemple.
le développement
il est courant de donner un pion dans l’ouverture pour accélérer le développement. Les gambits entrent dans cette catégorie. Le matériel sacrifié pour le développement est souvent restitué par l’adversaire pour éviter que l’avantage de développement ne se transforme en menace plus sérieuse, comme une attaque sur l’aile roi.
stratégique ou positionnel
de façon générale, tous les vrais sacrifices ont pour but d’obtenir un avantage positionnel. Cependant, il existe des sacrifices dont la compensation ne consiste qu’en l’ouverture d’une diagonale ou d’une colonne, ou en la création d’une faiblesse dans le camp adverse, et pour lesquels il n’y a aucune certitude de transformation en avantage tangible. Ce sont les sacrifices les plus difficiles, ils impliquent une profonde compréhension stratégique de la position.

On peut aussi distinguer les sacrifices forcés des non-forcés. Les sacrifices forcés ne laissent pas d’autre option à l’adversaire que la capture du matériel offert, car les autres choix le laisseraient avec un désavantage matériel sans compensation. Les sacrifices non-forcés laissent le choix à l’adversaire de capturer ou non le matériel offert. Une erreur courante est de ne pas réaliser qu’un sacrifice adverse peut être décliné sans risque.

Schémas de mat

Quelques schémas de mat

Jouer aux échecs c’est aussi reconnaître des positions de pièces permettant de donner mat.

Le mat du couloir est le plus connu, mais vous connaissez aussi la technique de l’escalier avec deux tours. D’autres comme le mat d’Anastasie, le mat de Pillsbury ou le mat des Arabes sont utiles 

Connaître ces positions donne des idées et un projet pour amener une position proche vers la position choisie grâce aux coups que vous organiserez.

Entraînez vous sur des exercices de mat en 1 coup, puis en 2 ou 3 coups à retrouver le schéma de mat qui vous donnera la victoire. Les champions sacrifient parfois plusieurs pièces lourdes pour obtenir le mat et ceci parce qu’ainsi ils forcent l’adversaires a jouer ce qu’ils veulent et l’amènent au mat.

Il y a pleins d’autres schémas, vous pouvez consulter « Comment battre papa aux échecs »  de Murray Chandler que je tiens à votre disposition et le commander le cas échéant à la boutique de la Fédération.